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Biarritz INK – Un lieu unique

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A la fois salon de tatouage et galerie d’artistes, Biarritz INK est un lieu unique au Pays Basque. Ouvert le 1er août, l’endroit est né de la passion de Jérôme et Cécile pour le tatouage et le street art. Nous sommes allés les rencontrer pour en savoir plus sur eux et sur ce lieu de partage riche en créativité.

Beachbrother : Salut Biarritz INK, pourriez-vous vous présenter et expliquer votre parcours ?

Jérôme : Salut, moi c’est Jérôme, j’ai 38 ans et je viens de Charente. J’ai fait mon premier tattoo au début des années 90 et j’ai mis le doigt dedans à ce moment-là mais notre projet est né il y a seulement 1 an. Le temps de le faire mûrir, de le réfléchir et de le façonner et aujourd’hui on en est là.
Romano : Moi c’est Romano, en ce moment je suis résident sur Grenoble, je suis originaire du Var, j’ai 36 ans. J’ai commencé le tatouage sur Aix-en-Provence et Marseille il y a une dizaine d’années. J’ai fait mes armes dans ces villes dans différents salons en tant que tatoueur invité.
Après Marseille, je suis parti sur Lyon où j’ai travaillé tous les jours pendant 3 ans comme tatoueur résident dans une belle boutique. Ensuite ça a été Grenoble en tant que résident ces 5 dernières années.J’ai eu une formation à l’ancienne avec un tatoueur qui était derrière moi pendant 5 ans, ancien légionnaire, donc une méthode douce on va dire (rires). Je faisais tout ce qu’on ne fait plus maintenant, c’est-à-dire souder les aiguilles à la main, la stérilisation à la main, maintenant on reçoit tout ça sous forme de sachet à usage unique. Je lui préparais son plan de travail, j’étais l’apprenti en fait. On nommait quelqu’un qui apprenait le tatouage, un apprenti donc j’ai fait ça pendant 5 ans.
Cécile : Cécile, je suis originaire d’Ahetze, pas loin du studio. Je suis la femme de Jérôme et grande passionnée de tatouage. Je prends en charge l’intendance du studio et le suivi des soins. Bref, je suis au cœur de la meule et extrêmement heureuse d’avoir participé à la création de Biarritz Ink et par anticipation, de toutes les rencontres qui nous attendent.

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De gauche à droite : Mess – Romano – Jerôme 

Beachbrother : Est-ce que vous pourriez nous expliquer le concept de cet endroit ?

Jérôme : Concrètement, c’est un espace en 2 parties bien distinctes qui se complètent. D’une part, le studio de tatouage, assez aseptisé où on ne fait que du tatouage, et de l’autre, une pièce beaucoup plus vivante où on peut se permettre de montrer des choses qui nous plaisent, de faire découvrir, d’échanger…
L’idée était de faire vraiment quelque chose de collectif, mélanger les gens, faire se rencontrer le public et les artistes et les artistes entre eux. De ces échanges et rencontres naissent souvent de belles choses.
Au niveau du studio, on souhaite avoir 2 tatoueurs résidents et un siège toujours libre pour 1 invité. Sur l’espace d’accueil, on a chaque mois un nouvel artiste qui expose. La personne qui viendra plusieurs fois dans l’année ne verra jamais le même lieu et découvrira quelque chose de nouveau à chaque fois.
Là exceptionnellement l’expo de Paul Vinoy dure 1 mois et demi. Ensuite c’est Thierry Sanchez qui fait des dessins hallucinants uniquement au stylo Bic.
Biarritz INK c’est en fait tout un écosystème : au départ c’est juste une idée simple et, petit à petit, plein de gens sont venus se greffer. Chacun a apporté ses connaissances, son savoir, sa matière.
Par exemple, tout le mobilier est une production de Lilou de la Palette qui est une artiste d’Hendaye.
On a eu un bon feeling à notre première rencontre il y a quelques mois et décidé de devenir leur show-room car ils n’ont qu’une boutique en ligne.

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Beachbrother : Romano, ça fait combien de temps que tu tatoues ?
Romano : La première fois que j’ai utilisé une machine à tatouer c’était sur moi il y a 12 ou 13 ans. Dire à quel moment je suis devenu tatoueur, c’est plus difficile parce que c’est une trajectoire qui ne se crée pas du jour au lendemain. Le point de départ d’une carrière varie en fonction du ressenti de chaque tatoueur.

Beachbrother : Comment tu es tombé dedans ?
Romano : C’était un peu par hasard en fait. Je me suis fait tatouer le premier à 17 ans et j’en étais super déçu. Ca m’a donné envie de creuser, de découvrir, de voir du vrai tatouage.
Ça s’est donc fait petit à petit, en traînant dans le milieu ; en voyant défiler tous les jours les gens qui viennent se faire tatouer, ça donne envie de se faire tatouer de tonnes de choses. Du coup tu regardes des magazines, tu vas dans des conventions rencontrer certaines personnes que tu ne pourrais pas rencontrer en restant chez toi. Tout ça a fait que j’ai eu envie de faire du tatouage.

Beachbrother : Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce métier ?
Romano : Tatouer, tout simplement. Préparer des dessins, que je n’ai pas forcément en tête au préalable, ça vient sur le moment… la spontanéité provoquée par la rencontre. La création en direct aussi, c’est à dire dessiner directement sur la peau, au feeling. Je te rassure, tu ne vas pas te retrouver avec un truc bizarre sur le corps !

Beachbrother : T’as un style de tatouage que tu aimes faire ?
Romano : Tout ce qui va être avec du point, ce qu’on appelle le dotwork, donc le travail du point. Les grosses lignes aussi. Pour donner une étiquette en parlant tatouage, ça va être plutôt le style traditionnel, le dotwork et tout ce qui est travail en noir, le blackwork. Je trouve le contraste noir / peau génial. Tu peux faire des trucs incroyablement beaux en noir !

Beachbrother : Est-ce que t’as un tatouage qui t’a marqué dans ta carrière ?
Romano : Le premier qui m’a plutôt choqué, c’est le signe Adidas en bas du dos d’une nana qui faisait du jogging. Elle voulait se faire sponsoriser par Adidas parce qu’elle n’avait pas d’argent pour s’acheter des baskets (rires). C’est une anecdote parmi tant d’autres. Après, il y a plein de tatouages qui m’ont marqué à travers le motif ou le temps passé dessus, mais c’est surtout les personnes qui me marquent.

Beachbrother : Tu as une technique particulière quand tu dessines ?
Romano : Non pas forcément, c’est plutôt classique. Ça va être le critérium ou le crayon gris pour faire le croquis avec un trait assez clair au départ et foncer petit à petit pour obtenir le trait définitif avec un stylo feutre 0,7 ou un autre en fonction de ce que tu veux faire.

Beachbrother : Qu’est-ce qui t’inspire ?
Romano : Beaucoup de choses. Des artistes comme Mike Giant ou Adam Isaac Jackson pour leur travail de noir. Ils font des personnages très esthétiques. Il y a beaucoup d’autres artistes que je ne peux pas tous nommer parce que la liste est longue. Parfois des musiques, des scènes de film où tu as des cadrages particuliers qui peuvent te donner des idées. L’inspiration est partout.

Beachbrother : Est ce que tu as un rituel particulier quand tu dessines ?
Romano : Quand je suis sur Grenoble, on dessine à plusieurs avec les frangins de la boutique. On dessine ensemble à la cool en écoutant de la musique. Sinon je n’ai pas forcément de rituel, c’est souvent seul chez moi avec une lumière tamisée, un peu de musique dans le casque et c’est souvent le soir. La journée je suis au studio, je tatoue ; quand j’ai le temps je dessine mais c’est vrai que le soir c’est plus propice.

salon tattoo

Beachbrother : Est-ce qu’il y a des tatoueurs qui t’inspirent et t’impressionnent dans leurs réalisations ?
Romano : J’en suis quelques-uns avec attention sur mon Instagram, que ce soit dans un travail de tatouage traditionnel ou du dotwork ou d’autres types de travaux.
Si je devais en citer quelques-uns ça serait Barbe Rousse, qui fait du très bon travail et de très belles photos aussi, Jaca Tattoo, Florian Santus et un jeune qui a commencé à Grenoble qui est également très bon qui s’appelle Todd Tattoo(er).

Beachbrother : Comment ça se passe lorsque quelqu’un arrive ici pour se faire tatouer la première fois ? 
Romano : Ça se passe très bien. Il y a un accueil assez chaleureux et détendu. C’est un peu comme dans tous les commerces, il faut mettre à l’aise ton client, surtout que là, ce n’est pas un vêtement ni une baguette de pain… Il faut lui rappeler que tu vas garder le tatouage à vie. Au préalable, il faut comprendre pourquoi la personne veut se faire tatouer et pourquoi tel ou tel motif. Il faut découvrir le profil de la personne, savoir si c’est bien ça qui lui convient. Tu peux lui montrer d’autres choses proches de ce qu’elle souhaite. Ensuite seulement, tu peux trouver le bon tatouage, tout en mettant sa propre patte bien sûr. Ca reste un travail de création !
La douleur est aussi un sujet à aborder mais on est plus là pour rassurer que pour effrayer.
Bref, prendre le temps avec le client, être très pro et s’inscrire dans une démarche créative à laquelle les 2 parties participent , c’est la clé.

Beachbrother : Pour terminer, vous pouvez nous parler des projets de Biarritz INK ?
Jérôme : Prendre et donner du plaisir, pérenniser l’endroit, collaborer sur des collections de textile aussi avec une personne de Saint Jean de Luz. On veut vraiment rester dans le local. Se faire connaître par la qualité de notre travail et au travers des expositions.
A chaque expo on va faire un vernissage, donc chaque mois il y aura un évent. Le prochain c’est le vendredi 14 août, pour l’inauguration de l’expo de Paul Vinoy.

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Biarritz Ink est installé du côté de Biarritz Iraty, pas loin de l’Atabal et du skatepark.
Vous pouvez les retrouver sur leur page Facebook
Toutes les créations de Romano Tattooer sont sur Facebook et Instagram (@romano_tattooer)




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