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Beachbrother - Magazine Surf, skate & snowboard


Interview de Michel Bourez

le 10 juin 2011 par Beach Brother / 1 commentaire / tags : ,

Michel Bourez

Michel Bourez a débuté sa saison sous les meilleurs auspices et se retrouve à la septième place du circuit après trois compétitions dans un calendrier qui en compte onze. Retour sur la saison avec le surfeur tahitien et sur The Chosen le dernier projet de son sponsor Nike.

Au Brésil, tu es sorti de l’eau blessé après une mauvaise chute. Que s’est-il passé exactement et comment vas-tu aujourd’hui ?
Déjà la veille je m’étais blessé au même niveau. Je me suis fait exploser dans un tube, ma tête est partie dans un sens et mon corps dans l’autre ce qui m’a valu une élongation. Ça m’a un peu géné pour la série que je devais faire ce même jour, je n’étais qu’a 80 % de mes possibilités mais j’ai fait avec et je me suis qualifié pour le tour suivant. Le lendemain, lors de la série j’ai réussi un floater et en sautant de la planche, j’ai attéri la tête la première sur le sable et ça à craqué. Là je n’ai plus senti mon bras droit, je ne pouvais plus bouger et c’est là première fois que je me suis dit qu’il fallait que je sorte parce que ça n’allait pas. J’ai appelé les secours, j’arrivais à marcher et j’étais conscient mais je pense que j’ai eu un choc gros choc émotionnel aussi…

La blessure est de plus en plus fréquente dans le surf qu’il y a quelques années. C’est devenu commun de voir des surfeurs arrêtés longtemps pour cause de blessures…
Avec la progression technique dans le surf et tous les derniers tricks qui ont été amenés ces dernières années par les nouvelles générations de surfeurs, on repousse encore plus loin nos limites et donc les risques de blessures sont plus fréquents. En compétition, tu mettrais presque ta vie en jeu, tu es prêt à tout pour gagner ta série, parfois tu fais des erreurs que tu paies cash… C’est à nous aussi de nous préparer au mieux pour éviter ça.

Michel Bourez

Tu avais subi une blessure similaire au Quiksilver Pro France en 2010…
C’était un peu pareil en effet mais rien comparé à ce que j’ai ressenti au Brésil.

Tu as bien commencé ta saison, comment tu analyses tes performances ?
Mon objectif c’est de progresser étape après étape. Ma première année sur le Tour, j’ai terminé 21e, l’année dernière 11e et cette année l’objectif c’est d’atteindre le top 10 et de me rapprocher au fur et à mesure du top 5. Avec le temps, j’ai acquis plus d’expérience et je me sens donc plus à l’aise, mes planches marchent bien.

On te sens très affûté et sérieux dans ta préparation à la compétition, tu as un style de vie plutôt sain. Tu as changé ton style de vie pour être prêt à la compétition ?
Oui je me suis adapté parce que je n’ai pas toujours été comme ça. Disons que je suis plus professionnel. Je sors beaucoup moins, je me suis posé avec ma copine. J’ai fait un choix. Soit tu fais de la compète à moitié soit t’es à 100 %. Donc j’ai mis les fêtes de côté, je m’entraîne quand il faut, je surfe autant que je peux et j’essaie d’avancer comme ça.

Depuis que les critères de jugements ont changé, trouves-tu que le Tour est devenu plus spectaculaire ?
Ces deux dernières années ont vraiment changé surftout depuis que Jordy (Smith) et Dane (Reynolds) ont commencé à bien gazer et cette année avec l’addition de Julian Wilson ou Alejo Muniz ça va encore amener de la fraîcheur. Moi je me situe plus entre deux styles de surf, classique et aérien. Il faut être capable de proposer ces deux aspects du surf.

Michel Bourez

Ne trouves-tu pas que l’on donne trop d’importance aux tricks plutôt qu’aux virages bien puissants dans le curl de la vague et qui permettent de distinguer les kids des mecs ?
Sur le World Tour, on a des spots qui sont adaptés aux deux types de surf. A J-Bay, à Pipe ou Teahupoo, j’y trouve des vagues qui conviennent à mon style. Mais on a aussi des spots plus adaptés à un surf aérien, c’est très bien aussi.

Pour toi, qu’est-ce qui différencie un surfeur du World Tour d’un surfeur du QS ?
Sur le WT, le style de surf est plus propre. Sur le QS, les vagues sont moins bonnes, parfois pourries et les jeunes doivent se battre là-dedans. Tu n’as donc pas le temps de beaucoup travailler sur le style, c’est un peu la jungle. Sur le WT, tu as de beaux spots, tu peux vraiment travailler sur le style, utiliser les rails de ta planche pour manoeuvrer, c’est du très haut niveau.

Il y a beaucoup de stratégie dans le surf de compétition, le talent ne suffit plus…
La série commence avant même le départ. En man on man ou en série à trois, tu vas toujours essayé de te placer le plus à l’intérieur pour choper la priorité et la meilleure vague. Les gars du Top 10 savent ce qu’il faut faire dans chaque situation et s’il peuvent te bloquer, ils ne se gèneront pas.

Le World Tour s’appelle aussi Dream Tour. Avec trois nouvelles destinations disons plus urbaines (Rio, New York/Long Beach et San Francisco/Ocean Beach), le circuit n’est plus aussi dreamy… qu’en penses-tu ?
C’est bien pour le surf en général car ça va booster le sport au niveau mondial mais pour les surfeurs du Tour c’est moins intéressant car la qualité des vagues est souvent médiocre sur ces spots. Au Brésil, je n’ai pas du tout aimé la vague alors qu’il y a des spots de bien meilleure qualité au Brésil. C’est sûr qu’en ville, le surf attire plus de public et les médias sont déjà sur place mais faut trouver le juste milieu.

Michel Bourez

Passon à quelque chose de plus drôle. Peux-tu nous parler de The Chosen, le dernier projet de Nike ?
C’est quelque chose que personne n’a fait avant. Pour moi je l’ai vécu comme un concert dont nous étions les stars. Nous avons surfé à Bali la nuit avec des projecteurs sur la plage, sur les bateaux quand on évoluait sur la vague, nous avions un projecteur braqué sur nous, il y avait des fumigènes, c’était vraiment extraordinaire. On a surfé deux nuits entières. On surfait de 20 h à 3 h du matin à Kerramas. On a eu une chance énorme, avec de bonnes conditions, je n’avais jamais surfé le spot avant ! C’est une des plus belles expériences surf de ma vie.

Et Live A Message, le film des filles du team Nike 6.0, sacré niveau non ?
Oui grâce à Nike, on voit vraiment le niveau des filles à l’heure actuelle. J’ai pu surfer avec Carissa Moore lors d’un boat trip et elle a été exceptionnelle. Ces cinq dernières années, le niveau de surf chez les filles a vraiment fait un bond.

Et Carissa fait une saison extraordinaire ?
Oui, trois victoires et que des finales. Elle a dû se donner comme objectif de ne faire que des finales cette année, même Kelly n’a jamais fait ça…

Merci Michel et bonne chance sur le Tour.




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